On
en parle mais on ne les voit jamais. Eux, ce sont les membres de la Direction
de la Surveillance du Territoire, le service de contre espionnage français.
Depuis plus de 20 ans, l'informatique fait partie de leur outil de travail
et avec l'arrivée en force de l'Internet ils se devaient de s'armer face
aux cyber-terroristes et autres pirates informatiques. Nous avons rencontré
un responsable de la D.S.T, Denis Blancher. Il nous a parlé du web, des pirates informatiques et du service dont il a la responsabilité, lié à la protection du patrimoine.
D'abord,
vous êtes le responsable de quoi ?
Je
suis le responsable d'un groupe chargé de criminalité informatique. Un
groupe d'enquêteurs et d'investigateurs ayant pour mission de gérer les
problèmes qui tiennent aux malveillances informatiques surtout quand elles
sont inspirées de puissances ou de nations étrangères. Notre mission est
de contrer les tentatives d'ingérences, d'espionnages et en même temps
de protéger notre patrimoine scientifique, culturel et économique. C'est
ce que les Américains appellent les infrastructures vitales. Elles regroupent
les télécommunications, l'énergie, le transport, l'environnement et le
secteur de la recherche.

Depuis
quand la D.S.T. s'intéresse à l'informatique et à l'Internet ?
Depuis longtemps. D'abord pour s'équiper de manière interne, et sur
un plan externe nous y travaillons depuis le milieu des années 80. Pour
ce qui est de l'Internet nous y évoluons dès son apparition, avec un véritable
intérêt depuis sa vulgarisation et son ouverture au grand public. L'une
des étapes marquantes, qui a fait qu'une réflexion plus conséquente a
été réalisée sur l'informatique, fût le cas du Chaos Computer Club en
1986.
Quel
est le budget de la D.S.T. ?
Il fait partie d'une enveloppe globale qui est allouée au Ministère
de l'Intérieur. Le budget du ministère est publié dans le journal officiel.
Est-il
suffisant ?
Je ne suis pas pour une surenchère. On peut toujours avoir besoin
de plus, mais une saine gestion est la meilleure aide à un budget, aussi
conséquent soit-il.
Qu'est
ce qui fait un bon agent de la D.S.T. ?
Déjà on ne dit pas agent,
c'est un terme américain. Il y a les agents de la C.I.A., du F.B.I., etc...
En France, on est un membre de la Direction de la Surveillance du Territoire.
Des
qualités
particulières pour être membre de la Direction ?
Dans notre structure Il faut un minimum de connaissances dans le milieu
informatique. Il y a bien sûr des qualités spécifiques à tout enquêteur
quel que soit le service de police dans lequel il travaille. Il faut que
ce soit des personnes motivées, rompues à la procédure. Des gens, hommes
et femmes, qui ont des qualités d'ouverture d'esprit dans un monde en
constante évolution. La technologie est obsolète au bout de 10/12 mois,
il faut donc des gens particulièrement curieux et motivés. Nous avons
la chance de les avoir au sein de notre service.
Parlons
un peu de l'histoire du Chaos Computer Club et de sa passerelle française
? La D.S.T. avait-t-elle vraiment infiltré ce club ?
A partir du moment où on s'intéresse à ce qui se passe dans ces milieux
là, on diligente des enquêtes tant en France que sur le plan international
dans la mesure ou l'Internet aboli les frontières. Nous avions une enquête
en cours sur des affaires d'intrusions sur notre territoire qui nous a
amené à identifier des auteurs qui se situaient en Allemagne. L'enquête
au sujet de certains membres notamment du Chaos Computer Club allemand,
a montré qu'ils ont voulu vendre des informations aux services secrets
soviétiques (K.G.B.). Nous nous devions d'être présent pour stopper ce
genre d'agissements.
Aujourd'hui,
peut-il y avoir encore de l'ingérence étrangère dans des petits clubs
informatiques ?
Le rôle de notre direction est de s'intéresser au milieu, dit, de
hackers. Encore faut-il être prudent avec le terme hacker. Il faut s'intéresser
à des gens qui ont des idées ainsi que d'éventuelles intentions malveillantes
pour les infrastructures françaises. Il faut savoir raison garder, analyser
les choses, il faut les étudier tranquillement. Mais nous veillons...
Qu'est-ce
qu'un hacker pour la D.S.T. ?
C'est tout simplement l'appellation de ce que l'on nomme un pirate.
Quelqu'un qui a l'intention de s'introduire dans un réseau informatisé
sans en avoir l'autorisation, avec une intention plus ou moins malveillante.
Notre rôle est d'identifier les causes, connaître ces raisons.
Pas
simple ?
Non ce n'est pas simple. Connaître les causes et ne pas se contenter
des effets est un véritable challenge.
On
parle de hacker blanc, de hacker noir. En gros y a-t-il de bon et de mauvais
pirates ?
Je ne suis pas là pour faire un hit parade. Je pense qu'il y a des
gens qui ont des capacités techniques par leurs formations initiales et
par le fait qu'ils soient passionnés. Ils ont des compétences non négligeables,
mais je ne suis pas certain, en revanche, que ces capacités soient effectives
sur le long terme, tant l'informatique est évolutive. Il n'y a pas de
bon ou de méchant, il y a juste une situation à un moment donné. Il n'y
a pas de règle, ça tient beaucoup aussi à l'individu, beaucoup plus que
l'on ne pourrait le penser. C'est un milieu où les personnes ont un ego
assez développé, facteur à prendre en compte. Ce sont des gens passionnés
par leur domaine, qui ont une tendance à se couper du réel en passant
des heures sur une machine. Ce qui à mon sens n'est pas forcement bon.
Le danger c'est l'utilisation malveillante de ces gens déconnectés d'une
vie sociale normale.
Qui
peut les utiliser ? Des pays précis ?
Nos missions sont tout azimut. Il n'y a pas de pays précis. Il faut
savoir que chaque année, plus de 60 % des attaques contre la France visent
nos domaines technologiques et scientifiques. Agressions externes et internes.
Les
membres de la DST : Des espions, policiers, informaticiens ?
Nous sommes une des branches actives de la police
nationale avec des missions défensives. Cela regroupe un ensemble de qualités,
tout comme d'autres services de police qui ont à travailler dans les mêmes
contextes. Les forces de l'ordre qui officient dans le domaine de l'informatique
se ressemblent beaucoup. Ce qui change, se sont les missions qu'ils leurs
sont assignées.
Les
menaces sont-elles vraiment réelles ?
Il
y a trois problèmes principaux. Le premier est relatif à la perception
de la menace. Nous n'avions pas auparavant suffisamment d'instruments
de mesure, notamment des centres d'alertes. Maintenant cela évolue, puisque
outre le CERT Renater qui a effectué un travail remarquable, avec des
moyens certainement moins importants que ce qu'il aurait espéré à l'époque,
s'ajoute un
CERT privé, le CERT IST (Ndlr : Regroupement de grosses sociétés comme par
exemple Alcatel, Aerospatial) et la création d'un CERT administratif.
Ils vont nous permettre des analyses avec des instruments de mesure en
plus grand nombre et donc nous donner une meilleure vision de l'étendue
des menaces. Le deuxième tient au fait que les objectifs et les sites
attaqués sont très rarement connus. Les entreprises ne tiennent pas à
le dire pour des raisons économiques et d'images de marque. Le troisième
est que je ne suis pas certain que tous les administrateurs systèmes soient
suffisamment conscients de ce qu'il peut bien se passer sur leurs réseaux.
Il y a des surprises. On peut en rajouter un quatrième qui peut tenir
à la démarche de sécurité qu'ont les entreprises. La sécurité n'est suffisement
prise en compte. Elle a un coût élevé, les entreprises l'étudient de manière
peu approfondie et du coup n'ont pas de vision globale. Celle-ci devrait
englober les problèmes d'ordre physique, technique et humain. Sans un
traitement complet, il y a danger.
Les
entreprises françaises sont-elles en danger ?
Il y a une évolution importante depuis 2-3 ans. Maintenant c'est une
problématique qui tient à chaque entreprise en fonction de ce qu'elle
fait. Compte tenu de la concurrence économique importante elles doivent
se doter d'une politique de sécurité sérieuse et réfléchie. Le maillon
le plus faible dans le dispositif reste les PME-PMI. Elles n'ont, au départ,
pas toujours les moyens de se consacrer à leur sécurité, tant en ressources
financières qu'en ressources humaines.
Qui
faut-il craindre ? Nos amis ou nos ennemis ?
L'évolution géo-stratégique a changé depuis 1989. Ce qui était une
typologie d'affrontements idéologiques sur deux blocs n'est plus aujourd'hui.
Les problèmes ont migré. C'est dorénavant des tensions dans des zones
différentes provoqué notamment par le démantèlement de l'ex-Union soviétique.
On peut aussi avoir à faire à des rivalités ou des concurrences économiques
qui ont toujours existé. Elles sont justes plus présentes. Les individus
ont plus de temps et de moyens pour s'y consacrer...
Qui
est le véritable ennemi ? Le gamin de 15 ans dans son grenier, l'employé
dans son entreprise ou la concurrence ?
Tous les cas se présentent. Un jeune garçon qui souhaite par jeu,
s'affronter à un système n'est pas forcément conscient du fait qu'il va
causer des dommages sérieux tant sur le plan économique, qu'humain. Il
ne sait pas obligatoirement non plus qu'il enfreint une législation. En
France, elle est particulièrement importante depuis plus de 20 ans (Ndlr,
janvier 1978) notamment avec la
loi Godfrain de 88 concernant les intrusions informatiques. Autre cas répandu, les
problèmes d'ordre interne. Des employés indélicats, qui veulent se venger,
qui considèrent ne pas être suffisamment reconnus. Ils laissent derrière
eux un virus, emportent des données confidentielles, etc...
"Vos
secrets, Mrs les français, apprenez donc à les protéger
!" L'homme qui hurle cette phrase est un militaire,
Douglas Gamble. Un agent secret qui officie pour la Naval intelligence
Departement. Nous sommes en 1901, à paris. Cet espion vient
d'être arrété par les policiers de la SST, le
Service de Surveillance du Territoire mis en place en 1899. Une police
ayent pour rôle de réprimer l'espionnage en France -
Loi Boulanger 1886 -. La Direction de la Surveillance
du Territoire comme nous la connaissons de nos jours vera le jour
le 16 novembre 1944. Le décret du 22 décembre 1982 fixe les attributions
de la D.S.T. Elle a compétence pour rechercher et prévenir, sur le
territoire de la République française, les activités inspirées, engagées
ou soutenues par des puissances étrangères et de nature à menacer
la sécurité du pays, et plus généralement, pour lutter contre ces
activités. A ce titre, la D.S.T. exerce une mission se rapportant
à la défense. Concrètement, les missions de la D.S.T. sont traditionnellement
de trois types : contre-espionnage, contre-terrorisme, protection
du patrimoine économique et scientifique. De nouvelles menaces de
niveau stratégique apparaissent et sont d’ores et déjà prises en compte,
telles la prolifération des armes nucléaires, bactériologiques, chimiques
et balistiques ou la grande criminalité organisée. |
Le
danger n'est-il pas que les entreprises soient sur informatisées ?
On ne peut pas dire ça. J'estime que le développement de l'Internet
est une révolution aussi importante que l'invention de l'imprimerie vers
1440. La différence est que maintenant l'information passe en temps réel
avec une abolition de l'espace. Une nouvelle révolution qui amène des
changements culturels importants. Le problème qui se pose, à mon sens,
est que nous sommes dans une époque de transition, que les jeunes générations
qui évoluent aujourd'hui dans le monde de l'informatique sont nettement
mieux préparées à ce genre de situations. Ils vivent dans un environnement
technique et technologique depuis leur naissance. Ca reste plus compliqué
pour la génération des 45/50 ans. Ce qui va être difficile, c'est cette
période transitoire. Bien sûr, il ne s'agit pas de créer des situations
de paranoïa, il faut informer sur le fait qu'il peut y avoir dans l'utilisation
de systèmes informatiques, des dangers, qu'ils soient d'ordre interne
ou externe.
Côté
solution ?
Une bonne formation et une sensibilisation du personnel de l'entreprise
est déjà une bonne garantie contre les risques. Il reste ensuite à mener
une vraie politique de sécurité avec des gens dédiés spécialement à cette
tâche, avec la mise en place d'un cahier des charges, d'une charte de
sécurité, etc...
Le
cyber-terrorisme existe-t-il vraiment ?
Les nouvelles technologies sont des supports et des moyens. Dans ce
cadre là on peut utiliser effectivement ces nouveaux supports à des fins
malveillantes. Les terroristes savent que ces moyens de communication
existent. Je ne vois pas au nom de quoi ils se priveraient de ces moyens.
Pourquoi
votre présence dans des grandes écoles informatiques ?
Dans un souci de la protection du patrimoine culturel, économique
et scientifique notre direction a entamé depuis très longtemps des conférences
dans les écoles. Notre démarche est d'éveiller les esprits face à certains
nombres de problèmes avec des exemples démarqués. Pour tout simplement
les former et les sensibiliser. Les rencontrer dans des écoles d'ingénieurs
est très important, après, ils en font ce qu'ils en veulent. Le tout c'est
d'être présent quelle que soit l'institution, l'organisme, l'université
et l'école. Nos rencontres se font de manière relativement ouvertes et
concrètes. Il est important de montrer que des comportements d'individus
peuvent entraîner d'importants dommages tant pour eux que pour l'entreprise.
Nous intervenons aussi dans les entreprises et les administrations.
La
D.S.T. utilise-t-elle des hackers sur certaines enquêtes ?
Chaque organisme doit faire une veille technologique et rechercher
des gens compétent pour la faire, mais ne serait ce que sur un plan déontologique,
il est exclu en ce qui concerne la DST, d'utiliser des hackers.
Y
a-t-il des cas qui ont pu marquer la D.S.T. ?
Je
ne m'exprimerai pas sur les cas que nous avons pu rencontrer. Etant donné
le monde dans lequel nous vivons, il faut être prudent sur les cas et
les noms. La seule chose que je peux dire, c'est que l'affaire du Chaos
Computer Club nous aura mis le pied à l'étrier. On peut aussi parler de
cas qui peuvent toucher n’importe qui sans un minimum de sécurité. Je
prend le cas de cette PME du sud de la France qui avait inventé un logiciel
innovant. Le manque de moyen ne lui a pas permis de déposer le brevet
à temps. Au moment de commercialiser le produit aux Etats-Unis, ils se
sont aperçus qu’une société américaine venait de commercialiser “ leur
” concept sur le marché Us. (ndlr, On peut aussi parler de ce chef d'entreprise
parti en voyage d'affaire en Asie. La seule fois ou il a laissé son ordinateur
sans surveillance, des " Pirates " ont copié son disque dur. Dans la précipitation
les voleurs ont mal remonté l'ordinateur qui au premier démarrage a brûlé).
Pour les autres cas je n'ai rien à dire.
La
cryptologie vous fait-elle peur ?
C'est une science qui existe depuis très longtemps. Je ne vois pas
pourquoi elle ferait peur. Les romains et d'autres civilisations l'utilisaient
déjà. C'est un outil qui peut être très utile et très performant. Mais
il ne faut pas oublier qu'une faille, une erreur humaine puisse mettre
à mal un système de chiffrement aussi perfectionné soit-il.
Echelon
vous y croyez ?
Il existe un document sur ce sujet édité par le parlement européen,
je n'ai pas de commentaires à y apporter. La presse a révélé que le Parquet
de Paris a demandé à la Direction de la Surveillance du Territoire d'enquêter
sur ce dossier. Celle-ci nous dira éventuellement ce qu'il en est vraiment.
En
France avons-nous un système de type Echelon ?
Je n'ai pas connaissance de cela. Je ne vois pas l'intérêt de posséder
une structure de ce type.
Les
antennes basées en Dordogne ne sont pas les outils d'un échelon à la Française
?
Aucune idée.
Echelon
est une forme de bureau
des retards que la France avait mis en place à l'époque de Napoléon
III. Ca n'existerait plus ?
Non, notre mission n'est pas de se doter de ce genre d'outil. Nous
avons des missions de contre espionnage, de contre terrorisme et de protection
du patrimoine.
La
D.S.T. est-elle à la pointe de la technologie ?
Dans notre profession il faut être humble. Il ne s'agit pas de dire
que nous sommes les plus forts, les plus beaux. Nous tentons de nous mettre
en permanence à niveau. Dans cette mise à niveau nous y incluons l'aspect
technique et humain.
Entre
fantasme et réalité
Plus d'un pirate rêve de voir débarquer chez lui ces
hommes en noir que la Tv nous vend à grand coup de feuilletons.
Il faut savoir cependant que les membres de la DST sont loin d'êtres
des Men un black agissant au dessus des lois. Des 1899, incidence
directe de l'affaire Dreyfus, le contre-espionnage est confié
au Ministère de l'Intérieur. Depuis, les activités
d'espionnage se sont largement diversifiées, conduisant l'autorité
à faire de la DST, un véritable service de sécurité
défense. C'est le décret du 22 novembre 1982 et les
articles 410 du nouveau code pénal qui définit les
attributions de la DST :
:: Protéger les intérêts fondamentaux
de la Nation et réprimer les atteintes qui leurs sont portées
sur le territoire par des organisations étrangères,
étatiques ou privées". Des intérêts
qui se caractérisent par son indépendance, l'intégrité
de son territoire, sa sécurité, la forme républicaine
de ses institutions, les moyens de sa défense, sa diplomatie...
:: La sauvegarde de la population, l'équilibre de
son milieu naturel et de son environnement.
::Les éléments essentiels de son potentiel
scientifique et économique. |
La
perquisition numérique vous êtes pour ou contre ? Le commissaire Courtin
(ancien patron du Sefti, aujourd'hui baptisé Befti) du SEFTI nous
a expliqué qu'il était contre.
Il y a des règles à définir qui sont discutées en ce moment dans les
forums internationaux. Il faut attendre. Je vois mal des pays dériver
vers des techniques de type virus troyen. Il faut définir un plan légal
de ce qui peut et ne peut pas être fait. Voir comment on peut monter un
mécanisme de coopération d'entraide légale pour accélérer les procédures.
Ensuite sur un plan technique voir si les industriels ne peuvent pas songer
à un certain nombre de solutions. D'où la conférence du G8 à Paris pour
prendre conscience d'un certain nombre de difficultés afin d'y remédier.
Les textes, il faut les travailler, les mûrir.
L'Angleterre
demande au Mi5 de surveiller le web, la Hollande va faire de même avec
ses services secrets, la Russie a commencé. La France serait l'un des
seuls pays à respecter la confidentialité de ses internautes ?
Je ne pense pas que les Hollandais et les Britanniques, y compris
les Russes, veuillent mettre en place des systèmes qui ne soient pas légaux.
Il faut savoir examiner les textes, ne pas fantasmer trop vite sur ce
mode de surveillance. Il faut raison garder, bien étudier les textes qui
sont en préparation sur le plan légal.
Si
cette procédure se met en place, vous allez devenir les rois du trojan
?
Vous vous doutez bien qu'il n'est pas question d'utiliser ce genre
d'outil, nous avons des missions défensives.
On
vous a dit I love you ? Ce virus était-il si dangereux ?
Il aurait pu être plus virulent. Par contre, il faut savoir que la
virologie sera un des moyens utilisés dans beaucoup de domaines. Il faut
essayer de savoir ce qu'il se passe derrière. Il faut étudier, voir les
choses posément et ne pas médiatiser ce genre de phénomènes trop vite.
Les virus, troyen sont des armes qu'il faudra combattre plus sérieusement
à l'avenir.
Le
regroupement en France des différents services de lutte contre la cyber-délinquance
au sein de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies
de l'information et de la communication, vous en pensez quoi ?
Je n'ai pas à me prononcer sur des décisions prises par des autorités
beaucoup plus qualifiées et beaucoup plus compétentes que moi sur ce genre
de problématique.
Le
public doit-il être mis au courant de ces problèmes ?
L'utilisation de nouveaux systèmes de communication et d'information
peut présenter des dangers. Il ne faut pas pour autant diaboliser l'Internet.
Les incidents sont souvent provoqués par des comportements inadéquats.
Il ne faut pas sous estimer les problèmes, mais il ne faut pas les surestimer.
Il faut une politique du juste milieu qui soit la plus adaptée possible
aux phénomènes observés.
Peut-on
parler d'une " French touch " de la police spécialisée dans la cyber-délinquance
?
Voilà prés de 20 ans que nous travaillons sur ce genre de délit. Nous
pouvons considérer avoir une certaine expérience, mais restons humbles...
Sur
les web, il est de bon ton chez certains pirates de vous appeler les V,
(ndlr, V comme le V des visiteurs tiré d'un feuilleton T.V. du même nom)
vous en pensez quoi ?
C'est plutôt amusant. Une part de fantasme qui plane sur nos services.
Beaucoup de petits délinquants du web rêvent de nous rencontrer. Il pense
jouer au chat et à la souris avec nous.
Une
rencontre à la limite de l'œdipien, le pirate, voulant rencontrer son
père virtuel ?
En quelque sorte. Mais nous nous déplaçons rarement pour des faits
virtuels.
Pour
finir, le patron de la D.S.T. qui accepte une interview c'est plutôt rare
?
L'ampleur du phénomène nous pousse à nous exprimer d'avantage. Sans
un discours clair, nous aurons des difficultés à contre carrer ceux qui
pensent pouvoir nous piller. Par ailleurs, l'Internet va s’accroître,
sera de plus en plus utilisé, ce qui est une bonne chose en soit, mais
cela va accroître aussi les activités délictueuses.